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Quel avenir pour les Noirs londoniens?
Par Thomas L. Blair
(Traduction française de "What Future for Black Londoners?")
Le renouveau urbain (Urban Renewal) a prof ìté à l'aristocratie et aux politiciens mais a délaissé les Noirs londoniens vivant dans les logements sociaux des quartiers déshérités. Pour le 50ème anniversaire de la présence noire invitée en Grande-Bretagne, la création d'un Centre de l'Héritage Noir (Heritage Centre) est planifiée, pour mettre en valeur les succès et les ouvrages des Noirs de la diaspora ou des Africains des Caraïbes, ainsi que leur contribution à la société britannique.
Qui sont les Noirs de la diaspora londonienne?
Le 22 juin 1948 le navire SS Empire Windrush a accosté Tillbury Docks avec, à bord, 492 Caribéens. Ils constituaient le premier contingent recruté pour la reconstruction des services de santé, de transport et d'autres structures de base de la Grande-Bretagne d'après-guerre. Aujourd'hui, après un demi-siècle d'immigration à grande échelle, la grande majorité des 500 000 londoniens d'origine afro-caribéenne vivent dans des banlieues éloignées du métropole. Les quartiers à logements sociaux municipaux, destinés à la revitalisation urbaine (urban regeneration), comme les alentours des quais de Deptford, sont caractérisés par d'importants problèmes d'exclusion liés au logement, à l'emploi et à l'éducation.
Qu'y a-t-il à l'origine des effets négatifs de l'urbanisme sur les Noirs de la diaspora?
A l'origine de ces maux on trouve des politiques et des programmes d'urbanisme mis en place par des bureaucrates, des urbanistes et des politiciens insensibles. Les habitants noirs se plaignent d'une carence d'équipements et de moyens sociaux et matériels, de structures insuff ìsantes de santé et d'éducation ainsi que d'une faillance dans les moyens de transport et d'un accès difficile aux nouveaux marchés de l'emploi. La discrimination raciale et le harcèlement des jeunes Noirs sont de même évidents dans un milieu urbain de plus en plus hostile.
Quelles sont les solutions envisageables?
De façon générale, les activistes pressent le nouveau gouvernement travailliste, le monde des affaires et les professionnels à prendre en compte les besoins des communautés noires dans la revitalisation urbaine. Les experts exigent que des mesures plus sévères soient prises contre les pratiques discriminatoires dans le logement, l'emploi et l'éducation. Au niveau local, la revitalisation des quartiers habités par des Noirs, comme Deptford, devrait faire jouer l'énergie collective et la créativité des Noirs de la diaspora. Des procédures spécif ìques devraient inciter leur engagement à part entière dans un développement urbain plus favorable à l'aube du troisième millénaire.
Quel avenir pour la communauté urbaine des Noirs de la diaspora?
Deptford, situé à Greenwich à Londres, est au centre des festivités du Millénaire de la Grande-Bretagne. Mais les politiciens et l'aristocratie de Londres devraient encore accepter que Deptford a une importance historique particulière pour les Noirs. Il y a des centaines d'années de cela, bien avant l'arrivée du Windrush, Deptford était le principal port de la métropole pour le commerce avec l'Afrique et les Caraïbes. C'est le lieu de rencontre le plus ancien entre les Blancs et les Noirs en Grande-Bretagne. Plus important encore, c'est un symbole potentiel des mouvements de la diaspora qui oeuvraient pour l'abolition de l'esclavage, la libération des colonies et pour les principes pan-africains d'autodétermination, de respect de soi et de conf ìance en soi.
Ces caractéristiques de la présence noire en Grande-Bretagne seront illustrés par des personnalités noires du monde de l'art et de la culture en 1998, lors du cinquantième anniversaire du Windrush. De même, les activistes cherchent à créer, en association avec les festivités du Millénaire, un Centre de l'Héritage Noir qui servirait de vitrine permanente aux contributions de la diaspora noire à la société britannique.
Note: Le terme anglais urban regeneration désigne un type de planif ìcation urbaine qui combine plusieurs mesures d'interventions. Il s'agit d'une revitalisation sociale, économique et culturelle, et d'une rénovation matérielle et spatiale, dans des zones urbaines à forte concentration d'immigrés et de minorités ethniques. La politique urbaine française ne s'est pas servi de cette pratique dans la même mesure que la Grande-Bretagne, pour diverses raisons historiques, économiques et politiques. Voir par exemple P. Le Galès (1993), Politique urbaine et développement local. Une comparaison franco-britannique. L'Harmattan, Paris.
Présenté au colloque "Cinquantenaire de la Revue Présence Africaine",
du 3 au 5 décembre 1997, à Paris.
Traduit de l'anglais par:
Taina Tervonen
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